DAO : ce qu’il faut savoir sur une innovation révolutionnaire

Les DAO (Decentralized Autonomous Organization, organisation autonome décentralisée) sont des systèmes de gouvernance. Elles permettent notamment aux possesseurs d’un un jeton de crypto-monnaie (token) de voter sur les orientations d’un projet.

Dans le milieu des NFT et des crypto-monnaies, l’acronyme est sur toutes les lèvres. Pourtant, le concept de DAO reste, pour beaucoup, encore flou. Voici ce qu’il faut savoir sur cette innovation liée à la blockchain qui pourrait transformer radicalement la manière de fonctionner des entreprises, ONG et autres associations.

Couverture du magazine Fortune par PplPlsr, fondatrice de PlsrDAO

DAO, Kezako ?

Une DAO peut se définir comme un regroupement de personnes dont le fonctionnement est prédéfini par un contrat. Plus précisément, il s’agit d’un « smartcontract », codé sur une blockchain dans lequel sont inscrites de manière transparente et immuable les règles de gouvernance qui régissent l’organisation. Les termes “autonome” et “décentralisée” décrivent l’absence d’une tierce personne, comme d’un organe centralisateur. 

Dans une grande majorité des cas, il suffit d’acheter des jetons pour accéder à une DAO. Dans le cas des plus importantes DAO comme MakerDAO par exemple, ces jetons sont disponibles sur les exchanges, les grandes plateforme d’achat et de vente de crypto-monnaies.  

Comme des actions dans une entreprise classique, ces jetons confèrent à leurs possesseurs le droit de participer, via un vote, aux prises de décisions de la communauté. Le plus souvent, il s’agit de se mettre d’accord sur la manière d’utiliser les fonds déposés dans le portefeuille commun. Grâce au smart-contract, ces fonds sont débloqués automatiquement une fois chaque décision prise de manière collective. 

Ces organisations permettent à leurs membres d’échanger des informations de façon fluide et de prendre des décisions rapidement. Elles sont parfois comparées à des “subreddits avec un compte banque”, réunissant des passionnés autour d’un intérêt commun. Le fameux subreddit WallStreetBets, qui avait fait exploser le prix du Dogecoin au début de l’année, envisagerait d’ailleurs de devenir une DAO.  

Aux origines des DAO

Ce qui peut être considéré comme la première DAO de l’histoire est Dash, cryptomonnaie lancée en 2015 sur Ethereum, dont le système de gouvernance interne reposait sur une structure décentralisée et autonome.

Un peu plus tard, en mai 2016, a été lancée ce qui préfigurait véritablement les DAO actuelles, “TheDAO”. Celle-ci avait réuni quelques 12,7 millions d’Ether, soit 150 millions de dollars à l’époque. Un record, alors, pour une opération de crowdfunding sur internet. Les investisseurs avaient reçu en échange des tokens DAO.

Mais l’expérience avait tourné court, après qu’un hacker a trouvé une faille dans le contrat, drainant 3,6 millions d’Ether (soit plus de 50 millions de dollars et plus de 4% des Ether alors en circulation) avant que quiconque ait pu intervenir.

L’affaire avait abouti au fork d’Ethereum, une majorité décidant de faire scission pour annuler l’événement en modifiant manuellement l’état de la chaîne, les autres refusant, se regroupant alors autour d’Ethereum Classic.

Comme cela avait alors été souligné, ce n’était ni la blockchain ni le concept qui étaient en cause, mais bien le contrat, vulnérable dans sa conception.

L’avènement de la DeFi et des NFT va donner un coup d’accélérateur aux projets de DAO. En 2019, des membres de LAO lancent par exemple Flamingo DAO, avec l’objectif d’investir spécifiquement dans les NFT. En janvier dernier, elle a fait beaucoup parler d’elle en acquérant le CryptoPunk 2890, un alien punk, pour 760.000 dollars.

Flamingo a réuni une incroyable collection, consultable sur son site, qui réunit des Bored Apes, des Autoglyphs, Meebits, ArtBlocks, Hashmasks, des Aku, ou encore des œuvres de Fewocious, Kevin Abosch…

Des risques de dérives

En matière de NFT, le principal intérêt des DAO est  de pouvoir réunir collectivement des sommes importantes, afin de pouvoir acquérir des œuvres inaccessibles au commun des mortels. 

Mais si sur le papier les DAO apparaissent comme un modèle de démocratie et de transparence, c’est loin d’être toujours le cas. Dans les faits, il arrive souvent que les fondateurs possèdent la majorité des tokens, et disposent donc d’un pouvoir de décision plus important que le reste des membres. Certains n’hésitent ainsi pas à parler de “ploutocratie”. 

L’un des défis pour ces organisations sera donc à l’avenir de garantir un fonctionnement véritablement démocratique. Comme tout outil, les DAO peuvent être utilisées pour le meilleur comme pour le pire. Elles viennent en tout cas challenger les organisations traditionnelles, s’affranchissant d’une partie des règles classiques grâce a l’innovation révolutionnaire que sont les smart-contracts.   

Début juillet, l’Etat américain du Wyoming est devenu le premier à reconnaître officiellement une DAO, baptisée American CryptoFed. Au même moment, l’une des plus anciennes plateformes d’échanges de cryptomonnaies, ShapeShift, a ainsi dissous sa structure pour devenir une DAO à 100%. Son fondateur, Erik Voorhees, a justifié cette décision par le fait qu’elle “supprime en partie la possibilité pour les réglementations (imposées par les Etats) de s’appliquer”. 

Le secteur des cryptomonnaies a-t-il trouvé un moyen de s’affranchir des régulations actuelles et d’imposer un nouveau modèle ? Une seule chose est sûre, les DAO, comme la blockchain, sont parties pour rester.

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