Mon NFT m’appartient-il vraiment ? (½) Propriété réelle, stockage, décentralisation

La propriété réelle

Lors de l’acquisition d’un NFT, le fameux jeton ou token acheté contient l’équivalent d’un certificat de propriété stocké sur la blockchain (traçable, irréfutable, infalsifiable) et non pas le fichier lui-même, sauf exception. Le fichier image, vidéo, gif ou autre est quant à lui la plupart du temps hébergé ailleurs. Et il est commun que ce même fichier circule déjà librement sur la toile : et oui, c’est une des propriétés étonnantes des NFT !

La plupart du temps, le propriétaire n’a pas d’accès exclusif à l’œuvre. Elle est disponible en téléchargement pour tout le monde !

Alors, possédez-vous oui ou non le fichier que tout le monde a ? Et si oui, où est-il ?

Ce que vous possédez réellement est la preuve d’authenticité et celle-ci se trouve désormais dans votre portefeuille de crypto-monnaies. En général, si vous souhaitez posséder l’œuvre physiquement, il vous faudra la télécharger !

The Sleeping MegaDonna, Damon Davis

Stockage et décentralisation

Où est stocké votre token ? Lorsque vous achetez un NFT, le jeton est situé sur la blockchain, ce qui garantit son authenticité et sa traçabilité. Votre portefeuille (wallet) vous permet d’y accéder. En revanche, comme le stockage en chaîne de gros fichiers est très coûteux, le fichier avec lequel le jeton NFT est en corrélation est généralement conservé “hors chaîne”.

Le jeton NFT lui-même est fondamentalement décentralisé. En effet, il utilise la technologie propre aux crypto-monnaies, la célèbre blockchain (chaîne de blocs) reposant sur des serveurs décentralisés. Le jeton est lié a l’œuvre par les quelques lignes de texte qu’il contient, appelées  » métadonnées« . Celles-ci décrivent l’œuvre et contiennent un lien vers son emplacement réel.

La méthode de stockage des métadonnées (les informations sur l’œuvre donc) et des médias (l’œuvre elle-même) est déterminée par l’artiste ou par la plate-forme de vente. Or, la plupart des marketplaces NFT, y compris Nifty Gateway, SuperRare, Rarible ou OpenSea, sont susceptibles d’introduire des éléments centralisés. Ce sont sur ces plateformes que les NFT sont créés – on dira plutôt en anglais mint, ce qui pourrait se traduire par frappés, comme on frappe de la monnaie.

Ainsi, en fonction de la méthode de minting choisie, le NFT peut reposer entièrement sur les entreprises qui maintiennent ces serveurs centralisés.

Si vous voulez creuser la notion de décentralisation, Vitalik Buterin, co-fondateur d’Ethereum détaille ici ce principe fondateur des crypto-monnaies.

Il y a plusieurs façons de stocker l’image dans un NFT :

1 - Stocker l’image directement dans le NFT

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C’est la meilleure façon de rendre l’image inaltérable. L’œuvre est contenue intégralement dans le token.

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Cela implique souvent d’énormes coûts de « gas », les frais à payer pour inscrire des données dans la blockchain. 

2 - Stocker dans le NFT un lien vers un serveur où se trouve l’image en question

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Plus besoin de tous ces frais de création et de stockage, quelques dollars suffisent pour inclure dans le token une petite liste de texte incluant un lien qui pointe vers l’oeuvre.

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Bémol, le fichier se trouve physiquement sur un serveur qui ne m’appartient pas et je ne peux y accéder que par une adresse web standard. Si le lien entre l’adresse et le fichier est rompue, par exemple à la suite d’un défaut de la plateforme ou d’une cessation d activité, ou si le compte d’hébergement n’est pas renouvelé, votre NFT peut devenir sans valeur..

3 - Utiliser un protocole de stockage décentralisé (Sia, Filecoin, IPFS, Storj…) et intégrer dans les metadata du NFT une adresse correspondant à un de ces réseaux.

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IPFS par exemple est une architecture de web distribué : plutôt que de renvoyer a un emplacement, IPFS adresse un fichier par son contenu, sur un ensemble de nodes (un dispositif électronique actif tels qu’un ordinateur, un téléphone… soutenant le réseau en générant une copie d’une blockchain de façon décentralisée) : le problème de défaut soit du propriétaire du DNS, soit du propriétaire du serveur n’existe plus : le stockage et le pointage vers votre fichier ne dépendent plus d’une tierce partie.

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Le nombre de nodes IPFS est potentiellement un point faible du système. Si vous cherchez la sécurité maximale, il faudra considérer héberger vous-même un de ces nodes 

Ok, très bien, mais comment vérifier que mon futur NFT est bien décentralisé ?

  1. En général, on voudra surtout s’assurer de l’existence d’une adresse IPFS ou de la mention d’un hébergement sur Filecoin, Sia ou Arweave. On en déduira que notre futur achat est tout a fait correctement décentralisé ! Si cette indication n’est pas présente sur le site où l’on prévoit de faire un achat, à défaut, on imaginera que ce n’est pas le cas
  2. Un petit nombre de projets NFT de haut niveau, comme Avastars et Art Blocks, ont été conçus  totalement on-chain, qui signifie que le stockage des métadonnées et des médias visuels est intégralement intégré au jeton. Fait extrêmement rare, et qui de ce fait sera toujours renseigné à l’achat.

 

Petite astuce : vous pouvez consulter le site des Français de ArtForAll qui attribue un score de décentralisation à plusieurs plateformes célèbres ! 

Sauvegarder mon NFT sur une clé USB ou sur mon ordi, c’est possible ?

Oui bien sûr, d’ailleurs c’est possible même pour un NFT qui ne nous appartient pas  ! Depuis le lien IPFS, un petit click sur l’icône en bas à droite permet de lancer le téléchargement.

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